Se rencontrer, parler, échanger : se sentir moins seul
Les UDA ont leurs habitués, mais aussi des premières fois. Certains participants disent venir une année sur deux. Près de 400 professeurs sont venus de toute la France pour travailler, échanger 3 jours du 18 au 20 octobre 2024. Les enseignants cherchent aussi des solutions pour leur projet, des réponses à leurs questions sur leur travail en classe, tout comme des ressources. Charlène et Myrtille sont professeures en Ardèche. Charlène vient pour la quatrième fois. Elle aime ce rendez-vous convivial et dit venir « surtout pour rencontrer la profession, échanger avec les collègues ». Pour Myrtille, venir aux UDA, c’est pour « se sentir moins seule » et « voir les collègues qui viennent de toute la France », « dans une ambiance conviviale ». Les professeurs affichent des sourires malgré la période que toutes et tous ont trouvé fatigante. Et l’annonce du ministère des 3155 suppressions de postes est aussi largement commentée et déplorée.
Les conférences « une bouffée d’air pour aller plus loin »
Un lieu de formation continue, d’échanges
Les UDA sont un espace de formation « on n’a plus cet espace de formation » déplore la porte-parole du SNUipp. Guislaine David rappelle que les UDA sont « un des fondamentaux du SNUipp, travailler sur la recherche, sur le métier, au croisement de la recherche pour faire avancer l’école, pour aller plus loin dans le métier ». Elle poursuit : « L’objectif qu’on a au SNUipp, c’est de faire évoluer l’école, de la faire évoluer avec les enseignants avec celles et ceux qui font l’école, avec la société qui bouge ».
L’institution n’organise plus de formation si ce n’est des formations descendantes et dirigées déplore la secrétaire générale du SNUipp : « depuis Blanquer, les formations sont des formations imposées » résume-t-elle. Actuellement les formations répondent à 100% aux commandes de l’institution. Les professeurs n’en veulent pas pour Guislaine David, soulignant le décalage entre les besoins des professeurs et l’offre de formation. Elle déclare : « il faut arrêter des discours où on dit ce que nous devons faire », rappelant les 18 heures de formations consacrées désormais exclusivement aux maths-français. En effet, le programme des UDA était très varié. Les chercheurs invités étaient issus de champs aussi divers que la philosophie, les sciences de l’éducation, les sciences physiques, l’histoire, la sociologie, les arts, l’EPS. Ainsi les sujets des conférences ont abordé l’éthique professionnelle avec E. Prairat, l’autorité avec Bruno Robbes mais la didactique de la grammaire, les sciences en maternelle, l’école du dehors, les textes fondateurs avec Murielle Szac, l’école maternelle avec Maryse Métra.
Ce que les profs disent : manque de reconnaissance, fatigue, maltraitance
La diversité, la richesse des conférences, le plaisir des échanges n’ont toutefois pas fait disparaître les difficultés du métier. Au cours des discussions de ces trois jours, les professeurs ont évoqué les problèmes rencontrés : manque de reconnaissance, de confiance, qui cause une grande fatigue et un mal-être.
Djéhanne Gani
Dans le Café :
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