On a beaucoup entendu parler de l’enquête PISA 2003 : nous la citions au numéro 57 du Café. Il est intéressant de voir précisément ce que cette étude recouvre. C’est l’objet d’un travail réalisé au sein de l’Administration générale de l’Enseignement et de la Recherche scientifique, à Bruxelles. Nous en avons retenu quelques informations éclairantes.
Tout d’abord, il faut savoir que l’évaluation de 2000 était centrée sur la lecture, celle de 2003 sur les mathématiques, et que celle de 2006 concernera la culture scientifique.
Très important, le programme PISA ne prend pas l’information au niveau des classes mais s’intéresse aux élèves d’un âge précis donné, indépendamment du parcours scolaire suivi : 15-16 ans (qui correspond à la fin de la scolarité obligatoire dans la plupart des pays).
«En évaluant les jeunes à l’âge de 15 ans, quels que soient leur parcours scolaire et le programme de mathématiques qu’ils ont suivi, PISA se place dans une vision plus « citoyenne » de l’évaluation : l’objectif est d’évaluer des compétences essentielles pour la vie future des jeunes. Ce ne sont donc pas les compétences effectivement enseignées dans les classes qui sont évaluées ici, mais plutôt l’utilisation d’un bagage mathématique permettant de comprendre en profondeur et de résoudre des situations qu’un adulte peut rencontrer dans sa vie personnelle, publique ou professionnelle. Dans cette perspective, la mathématisation apparaît comme un processus permettant d’utiliser les mathématiques pour résoudre des situations issues du monde réel.»
Ainsi, il est clair que PISA n’évalue pas, et de loin, tout le champs de ce qui est enseigné, et visé par l’enseignement de mathématique dans les divers pays testés.
On peut alors relativiser la portée des résultats annoncés : les compétences examinées portent sur des « problèmes de la vie courante ». Ainsi PISA ne traite-t-il pas du tout l’aspect de « formation philosophique » de cet enseignement ; or, cet aspect a une importance très diverses dans les pays testés. Aussi ne convient-il pas d’accorder plus à PISA que ce qu’elle vise : évaluer l’aptitude d’une génération à la résolution de problèmes concrets. C’est sans doute important (il s’agit de ce que l’on appelle souvent les « mathématiques du citoyen »), mais l’enseignement des mathématiques ne peut s’y réduire. Cela relativise beaucoup les classements annoncés dans la presse…
Le document PDF référencé ci-dessous est composé de trois parties : la première décrit le cadre général de PISA, la deuxième indique quelques résultats en Communauté française de Belgique et la troisième esquisse des conclusions.
http://www.enseignement.be/@librairie/documents/EVAL/INTER/PISA2003/
http://www.enseignement.be/@librairie/documents/EVAL/INTER/PISA2003/PISA2003_evaluation.pdf
