Dans une
longue tribune offerte à Libération le 12 novembre, Régis Debray, auteur
d’un rapport sur l’enseignement du fait religieux, défend la
place de cette initiation à l’école publique. « Le fait de
conscience est un fait de société et de culture. Un fait social total, qui
déborde le sentiment privé et l’inclination individuelle, dans les rues, les
arts, les juridictions. Les religions affectent le socle lourd des
mentalités, et pas seulement l’histoire des idées. C’est cette dimension
identitaire et collective, inscrite dans la chair des sociétés, qui lui
donne sa place comme objet d’étude dans l’enseignement public. Il nous
semble non seulement qu’une laïcité qui s’interdirait ce champ du savoir se
condamnerait à une frilosité certaine, mais qu’une pédagogie ainsi comprise
pourrait contribuer à une pédagogie de la laïcité elle-même. Il serait
vraiment dommage d’abandonner l’information sur ce domaine à ceux qui
pourraient la distribuer hors de tout contrôle scientifique, sur le mode de
la réquisition ou de l’inculcation ». Pour autant l’enseignement
du fait religieux ne doit pas « être un enseignement religieux ».
Sur le site de Libération
