« Ca me force un peu à bien ranger et à bien m’organiser »
Margarita et Florence sont enseignantes respectivement en petite section et en moyenne section. Dans leurs écoles, les configurations, le matériel, l’espace, sont très différents. Lors d’une discussion elle parlent de leur milieu de travail.
Margarita montre l’armoire de sa classe et dit : « Dans ma classe, je n’ai pas de bureau, alors le haut de l’armoire me sert de bureau. Quand j’arrive à l’école, je pose mon sac et ma veste dans le couloir sur le bureau des ATSEM. Après, tout ce qui me sert pendant la journée comme le cahier d’appel, mon organiseur avec les polycopiés, les documents de la classe dont le classeur pour la continuité pédagogique et mon cahier journal, et aussi ma trousse, c’est sur le haut de l’armoire.
Au début ça m’a interpellée mais de toutes façons c’était comme ça ici, il n’y a pas de bureaux enseignants dans les classes. J’aurais pu le demander mais déjà je ne sais pas si la mairie a budgété ça. En plus, tu vois la classe est vraiment petite et j’ai quand même 28 élèves. Alors si c’est pour enlever un coin dans la classe ou réduire le coin regroupement je ne préfère pas. En plus, de ne pas avoir de bureau, ben ça me force un peu à bien ranger et à bien m’organiser.
Donc ce n’est pas plus mal. Maintenant je me dis que le bureau de la maîtresse, c’est un peu un truc qui prend beaucoup de place pour rien et sur lequel s’accumule du bazar. Alors même si une prochaine année je suis dans une école où y’a un bureau pour l’enseignante, je pense que je l’enlèverai. »
« Et le matin, très souvent j’arrive avec des gros sacs »
Florence n’est pas de son avis et renchérit : « Alors déjà moi j’ai toujours eu l’habitude d’avoir un bureau quand même. Alors c’est vrai que j’étais en cycle 3 ce n’est peut-être pas pareil, mais même en maternelle ça me semble indispensable. Quand on travaille dans une classe, on a besoin d’avoir un coin à nous. D’abord parce que y’a quand même de plus en plus de paperasse dans ce métier et on toujours des kilos de documents et il faut bien les ranger quelque part.
Et puis moi j’ai 2 PAI alimentaires et 2 PAI pour asthme, et je ne peux pas les laisser accessibles donc je les mets dans mon bureau. Mais aussi, j’ai besoin d’un endroit où je fais les montages de mes polycops et où je mets des annotations sur les fiches des élèves. Je ne peux pas faire ça sur un coin de table. Et le matin, très souvent j’arrive avec des gros sacs, y’a toujours plein de trucs dedans, des albums, des cartons … et je ne peux pas poser ça dans un coin de classe. Alors c’est vrai avec le recul que ça prend de l’espace, et l’espace dans une classe c’est vraiment le nerf de la guerre, on cherche le moindre centimètre carré pour installer un coin pour les élèves ou éviter qu’ils ne soient les uns sur les autres. Mais le bureau, je n’y renoncerai pas. »
Petite analyse : La classe est un terme polysémique. Il désigne tout à la fois le groupe d’élèves et l’espace dans lequel se déroule la journée. Ce deuxième aspect ne doit pas être négligé et gérer cet espace fait partie des préoccupations des professeurs des écoles. Et si « chaque centimètre compte », alors il faut bien le penser et réfléchir à ce qui est important à être dans la classe, et à quelle place le mettre. C’est le cas du bureau de Florence ou du haut de l’armoire de Margarita.
Et vous, le bureau dans votre classe, il est indispensable comme celui de Florence ou bien, comme Margarita, vous pouvez vous en passer ?
Frédéric Grimaud
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