Quels
effets ont les différentes formes de ségrégation sur les réussites
individuelles des élèves ? Comment lutter contre elles efficacement ? La
Commission Thélot met en ligne une étude de Marie Duru-Bellat qui fait le
point, en une trentaine de pages, sur les recherches sur la ségrégation et
passe en revue les différentes formes de ségrégation. Oui l’école souffre de
ségrégation sociale. Elle « ne se contente pas de subir la ségrégation
urbaine et son évolution; elle fabrique elle-même de la ségrégation :
interagissent ainsi les stratégies résidentielles et scolaires des familles,
le découpage de la carte scolaire, les politiques des établissements ».
Elle est aussi traversée par une ségrégation ethnique. Les deux
interréagissent avec les exigences des enseignants et les projets des
élèves. Ainsi « dans les collèges populaires, les enseignants (font) une
plus grande place à l’oral , à l’image ou au jeu ». Les élèves de leur
côté sont moins ambitieux et moins attentifs. Alors que faire ? M.
Duru-Bellat rappelle que la ségrégation sociale profite à certains et
qu’imposer plus de mixité sociale rencontrerait des résistances. Pour elle
« assurer une égalité de résultats partout est la meilleure manière de
rendre injustifié tout comportement de choix… Jouer la carte de l’égalité…
passe par des évolutions standardisées, permettant de mettre toutes les
écoles aux mêmes normes… S’y ajoute des mesures de type discrimination
positive.. Si l’école ne peut rien face à la différenciation des quartiers,
il lui revient, par une politique de qualité contrôlée, combinant des
évaluations externes des résultats et des audits réguliers d’établissements,
de contrer une part au moins des effets délétères de la ségrégation ».
C’est toute une culture de l’évaluation du système qui est à mettre en
place.
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