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Par Elisabeth Laurent



Vides

Manifestation exceptionnelle, « Vides » est une rétrospective des expositions vides depuis celle d'Yves Klein en 1958. Dans une dizaine de salles du Musée national d'art moderne, elle rassemble, de manière inédite, des expositions qui n'ont rigoureusement rien montré, laissant vide l'espace pour lequel elles étaient pensées.

L'idée d'exposer le vide est récurrente dans l'histoire de l'art de ces cinquante dernières années, au point d'être presque devenue un cliché dans la pratique artistique contemporaine. Depuis l'exposition d'Yves Klein La spécialisation de la sensibilité à l'état matière première en sensibilité picturale stabilisée à la galerie Iris Clert, à Paris, en 1958, les expositions entièrement vides affirment différentes conceptions du vide.


S'il est pour Yves Klein un moyen de signaler l'état sensible, il représente en revanche l'apogée de l'art conceptuel et minimal pour Robert Barry avec Some places to which we can come, and for a while "be free to think about what we are going to do." (Marcuse), [« Des lieux où nous pouvons venir, et pour un moment, ' être libre de penser à ce que nous allons faire '. (Marcuse) »], œuvre initiée en 1970. Il peut aussi résulter du désir de brouiller la compréhension des espaces d'expositions, comme dans l'œuvre The Air-Conditioning Show d'Art & Language (1966-1967), ou de vider une institution pour modifier notre expérience comme dans l'oeuvre de Stanley Brouwn.


Il traduit également la volonté de faire l'expérience des qualités d'un lieu d'exposition, comme pour Robert Irwin et son exposition réalisée à la ACE Gallery en 1970, ou pour Maria Nordman lors de son exposition à Krefeld en 1984. Le vide représente aussi une forme de radicalité, comme celui créé par Laurie Parsons en 1990 à la galerie Lorence-Monk, qui annonce son renoncement à toute pratique artistique. Pour Bethan Huws et son œuvre Haus Esters Piece (1993), le vide permet de célébrer l'architecture du musée, signifiant que l'art y est déjà présent et qu'il n'est pas nécessaire d'y ajouter des œuvres d'art. Le vide revêt presque le sens d'une revendication économique pour Maria Eichhorn qui, laissant son exposition vide à la Kunsthalle Bern en 2001, permet d'en consacrer le budget à la rénovation du bâtiment. Avec More Silent than Ever (2006), Roman Ondak, quant à lui, laisse croire au spectateur qu'il y a plus que ce qui est laissé à voir.


25 février - 23 mars 2009

http://www.centrepompidou.fr/Pompidou/Manifs.nsf/AllExpositions[...]



Giorgio de Chirico : La Fabrique des Rêves

Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris consacre une exposition rétrospective à Giorgio de Chirico (1888 - 1978), artiste majeur du XXe siècle dont l’œuvre n’a pas été présentée à Paris depuis plus de vingt-cinq ans.

Cent soixante-dix peintures, sculptures, œuvres graphiques et une sélection d’archives retracent le parcours singulier de l’artiste actif de 1909 à 1975. L’exposition vise à restituer l’unité de l’œuvre en portant un regard contemporain sur la mythographie fantastique née dans la fabrique des rêves chiriquienne : une métaphysique mutante et toujours opérante.

Giorgio de Chirico, inventeur de la peinture métaphysique placée sous le signe de la révélation, s’installe en 1911 à Paris. Il fascine en premier lieu Guillaume Apollinaire qui, dès 1913, introduit l’artiste dans son cercle – Picasso, Derain, Max Jacob, Braque, Picabia, etc. – ainsi que Paul Guillaume, son premier marchand. L’onirisme, la dimension prophétique, les subtiles incongruités et les décalages observés dans l’œuvre de Giorgio de Chirico ont, dès le début des années 20, d’immédiates résonances sur le surréalisme naissant, de Magritte, Ernst à Picabia et Eluard. André Breton voit en l’artiste le démiurge d’une «mythologie moderne» en formation (1920) avant de l’accuser de régressions anti-modernistes dès 1926.

 

Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris

Du 13 février au 24 mai 2009

Le site de la mairie de Paris

http://www.paris.fr/portail/Culture/Portal.lut?page_id=6450&d[...]



Art Paris

Présent dans la Nef depuis 2006, Art Paris est devenu en 10 ans l'un des rendez-vous incontournables parisiens pour les acteurs de la scène artistique internationale.

Point de ralliement pour les professionnels du marché de l'art moderne et contemporain, le salon attire chaque année un nombre croissant de collectionneurs fidèles et d'amateurs passionnés (41 000 visiteurs en 2008).

L'édition 2009 se démarque : elle est encore plus contemporaine et internationale que les années précédentes. 115 galeries venues d'une vingtaine de pays différents vont prendre place sous le la verrière du Grand Palais pour présenter le meilleur de la création artistique des XXe et XXIe siècles à travers la peinture, la sculpture, le dessin, la photographie, la vidéo …

La bande dessinée est à l'honneur : elle fait son entrée pour la première fois. Le secteur photo est renforcé : 15 galeries internationales spécialisées en photographie contemporaine se donnent rendez-vous sous la Nef pour illustrer l'une des plus dynamiques tendances du marché.   

Le site de l'événement

http://www.artparis.fr/index_fr.php?id=33



Par ELISABETH LAURENT , le dimanche 15 mars 2009.

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