C’est la faute des parents, des réseaux, des écrans ! Suite à la publication des résultats des tests PISA 2025, le ministre de l’Education nationale n’a pas traîné pour réagir. « Les élèves qui ont été testés sont nés en 2009 et ils n’ont connu quasiment aucune des réformes menées depuis 2017 », déclare Edouard Geffray sur France inter. « Il y a un effet de retard dans le temps qui est assez considérable ». Le ministre rejette la responsabilité des résultats sur les écrans et l’usage des réseaux sociaux et pointe la baisse généralisée. Oublierait-il que le score français baisse davantage que celui des autres pays ? « Les jeunes qui passent 3 heures par jour sur leur téléphone pendant les cours et qui sont distraits, ils perdent l’équivalent quasiment depuis 2 années scolaires ».
Dans Le Monde, le ministre ajoute : « Sans remettre en cause le collège unique, je pense que nous devrions utiliser la baisse démographique pour redonner une marge d’autonomie aux établissements » (…) « On s’est beaucoup focalisés sur la réduction du nombre d’élèves par classe, nécessaire, peut-être au détriment de la réflexion sur la pédagogie ». Edouard Geffray a été le numéro 2 de l’Education nationale de 2019 à 2024.
Le ministère a établi un dossier mettant en parallèle ses mesures depuis 10 ans et les résultats de l’enquête PISA 2025. N’y cherchez pas d’autocritique ! Il est par exemple écrit que « les résultats restent quasi stables en sciences ». Pourtant l’étude note une baisse de 4 points (3 de plus que la moyenne de l’OCDE) et 26% des élèves qui sont très peu performants… La crise sanitaire est aussi mise en avant.
Retenons toutefois que ces élèves ont eu des enseignants rémunérés avec le salaire que l’on connait, bien loin des 3000 euros nets annoncés tambour battant à la rentrée 2026. Ceci dans un contexte de recrutement compliqué toutes ces années de gouvernance macroniste. En cette rentrée encore, un établissement du secondaire sur deux n’est pas au complet. Le ministre donne rendez-vous dans 4 ans pour le prochain PISA afin de cueillir les fruits de sa politique.
De son côté, le SE-UNSA n’a pas tardé à réagir. « Attendre chaque nouvelle enquête pour découvrir les difficultés de l’École française, c’est chercher des coupables plutôt que des solutions. Les causes de nos difficultés sont pourtant connues (…) L’État se désengage progressivement du service public d’éducation. Fermetures d’écoles et de classes, affaiblissement des Rased, personnels insuffisamment rémunérés, formation continue en recul, moyens insuffisants, développement du privé financé par des fonds publics… Résultat ? L’École doit toujours faire plus avec toujours moins« , écrit le syndicat.
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