Plus de 760 000 élèves dans 91 pays et économies ont passé les épreuves en 2025, représentant environ 33 millions de jeunes de 15 ans. En France, 6 501 élèves répartis dans 289 établissements ont été testés. Alors ? La France reste proche de la moyenne internationale, mais cette moyenne masque un recul continu depuis dix ans, une excellence scolaire en berne et des conditions d’apprentissage de plus en plus difficiles.
Une baisse, mais dans la moyenne, sauf sur l’excellence
Les deux tiers des élèves français atteignent le niveau minimal, contre près de sept élèves sur dix en moyenne internationale. En sciences, les élèves français obtiennent exactement le même résultat que la moyenne des pays de l’OCDE, avec sept élèves sur dix qui atteignent le niveau de compétence minimal (74%). En mathématiques en revanche, la France se situe légèrement en dessous de cette moyenne, avec un peu moins des deux tiers des élèves qui franchissent ce seuil (64% contre 65% en moyenne dans l’OCDE). En lecture, l’écart se creuse davantage, 67% contre 69%. Sur le socle minimal de compétences, les résultats sont donc dans la moyenne internationale.
C’est sur l’excellence que la différence est la plus nette, c’est-à-dire sur les élèves capables de mobiliser leurs connaissances de façon autonome et créative face à des situations inédites. Alors que la part d’élèves excellents en sciences est identique à la moyenne de l’OCDE (7%), la France décroche nettement en mathématiques : seuls cinq élèves sur cent atteignent le plus haut niveau de compétence, contre huit en moyenne dans l’OCDE. Dans les pays les plus performants (Chine B-S-J-Z, Macao, Singapour, Estonie, Japon, Taïwan, Corée), plus de 85 % des élèves atteignent le niveau de compétence de base en sciences, contre 74 % en France. Si la part d’élèves avec les compétences minimales est dans la moyenne, celle des plus performants est à la baisse et sous la moyenne.
Difficile de comparer des systèmes éducatifs. Mais qu’observe-t-on sur une trajectoire de 10 ans sur les résultats PISA de la France ? Hors toute comparaison internationale, les résultats moyens obtenus en 2025 comptent parmi les plus faibles jamais enregistrés par la France depuis le début de sa participation à PISA, et sont nettement inférieurs à ceux mesurés en 2015. Sur cette période, la proportion d’élèves en difficulté a augmenté de 12 points en mathématiques, de 11 points en lecture et de quatre points en sciences.
Les performances des élèves français continuent de baisser, avec un recul particulièrement marqué en mathématiques et en compréhension de l’écrit. Les résultats se maintiennent davantage en sciences.
En mathématiques, la baisse atteint près de 20 points depuis 2015, soit l’équivalent d’environ une année de scolarité. La France se situe désormais dans la moyenne basse des pays de l’OCDE.
En compréhension de l’écrit, la baisse est également importante : environ un tiers des élèves sont désormais en difficulté. Cette évolution s’accompagne d’un recul de la part des élèves les plus performants et particulièrement une baisse chez les garçons issus de milieu favorisé.
Des inégalités qui restent fortes
La France reste un système éducatif marqué par les inégalités sociales. L’écart de performance entre établissements est également plus important que dans la moyenne des pays (38% contre 31% en moyenne). Il indique une plus grande ségrégation.
L’écart entre les 10 % d’élèves les plus performants et les 10 % les moins performants reste stable depuis 2022. En mathématiques, la baisse est ainsi particulièrement importante chez les élèves issus des milieux favorisés. En sciences, l’écart de performance entre les élèves favorisés et défavorisés atteint 100 points en France, contre 85 points en moyenne dans l’OCDE.
Seuls 11 % des élèves défavorisés atteignent un niveau élevé de performance, contre 12 % en moyenne dans l’OCDE.
L’écart social s’est réduit depuis 2015. Mais cette évolution doit être regardée avec prudence car elle tient notamment à la baisse des résultats des élèves les plus favorisés, davantage qu’à une progression des élèves défavorisés. La réduction de l’écart ne signifie donc pas nécessairement une réduction des difficultés scolaires.
Le climat scolaire, conditions d’enseignement
Plusieurs indicateurs de contexte éclairent ces résultats. Les résultats de la France sont sous la moyenne en mathématiques, lectures et sciences mais aussi sur les conditions d’enseignement.
Près d’un élève français sur deux est aujourd’hui scolarisé dans un établissement où l’enseignement souffre d’un manque perçu d’enseignants, soit dix points de plus que la moyenne de l’OCDE (45% contre 39%). A noter que la situation s’est améliorée par rapport à 2022, où plus des deux tiers des élèves étaient concernés (effet covid ?).
À l’inverse, le manque de matériel pédagogique et le manque d’infrastructures physiques ont tous deux progressé depuis 2022, touchant désormais respectivement un élève sur cinq et un élève sur quatre : 20 % des élèves signalent un manque de matériel pédagogique et 25 % un manque d’infrastructures physiques, deux proportions en hausse depuis 2022 (15 % et 19 %).
18 % des élèves déclarent avoir subi une forme de harcèlement plusieurs fois par mois (moyenne OCDE : 20 %), soit une hausse après la baisse observée entre 2018 et 2022, probablement liée aux effets de la pandémie.
Numérique, IA : ni solution miracle, ni ennemi
La France fait partie des pays de l’OCDE où l’utilisation du numérique à l’école reste relativement faible. Les meilleurs résultats observés par l’enquete PISA sont plutôt associés à une utilisation modérée, notamment lorsqu’elle s’articule avec les interactions avec les enseignants. Même constat pour l’intelligence artificielle.
PISA 2025 interroge pour la première fois les usages des chatbots d’intelligence artificielle. En moyenne, les élèves français font moins usage des IA pour les travaux scolaires que la moyenne des élèves de l’OCDE. 37 % des élèves utilisent un chatbot IA pour apprendre au moins une fois par semaine (moyenne OCDE : 46 %), 29 % s’en servent pour des recherches préliminaires sur un sujet (contre 31% en moyenne), 21 % pour résumer un texte (contre 30%), 23 % pour rédiger des travaux écrits (contre 29%). Seuls 15 % des élèves déclarent ne jamais ou presque jamais y recourir pour leurs travaux scolaires.
A noter donc l’enjeu de définir des usages pédagogiques et de former élèves comme enseignants.
Un soutien parental en berne
Le soutien parental perçu s’est lui aussi effondré avec 63 % des élèves qui déclarent que leurs parents leur demandent chaque semaine ce qu’ils ont fait à l’école (74 % en 2022), et 34 % disent avoir des discussions régulières sur leurs difficultés scolaires (48 % en 2022).
Un point positif : la sensibilité environnementale
Sur les enjeux environnementaux, la France se distingue plutôt favorablement avec 76 % des élèves atteignant le niveau de compétence de base en sciences de l’environnement (moyenne OCDE : 74 %), et 82 % pensent pouvoir avoir un impact positif sur l’environnement.
Djéhanne Gani
