Le nombre de candidats admissibles est encore à la baisse et insuffisant. Les ratios pour la session 2025 sont inquiétants et confirment une crise durable. Les professeurs devraient manquer en lettres, mathématiques, physique-chimie, éducation musicale, éco gestion, sciences industrie ingénieurie informatique. « On va encore manquer de professeurs, des élèves vont passer des semaines, voire des mois sans profs, cela devrait être un scandale national, on ne doit pas s’habituer à gérer la pénurie. Pourtant les élèves sont en train de payer le prix fort de ces renoncements politiques… » s’inquiète Sophie Vénétitay, la secrétaire nationale du SNES-FSU.
Admissibilité du CAPES 2025 : une pénurie annoncée
669 postes en lettres modernes et 702 admissibles au CAPES, 990 postes offerts au CAPES de mathématiques pour 1152 admissibles, voilà qui annonce la couleur.
Sophie Vénétitay, la secrétaire générale du SNES-FSU exprime sa vive inquiétude au Café pédagogique : « Ces chiffres laissent présager une nouvelle fois des tensions sur certaines disciplines quand on voit, par exemple, qu’en lettres modernes et en mathématiques, il y a à peine plus d’un admissible pour un poste ». Elle souligne le risque de « pénurie d’enseignants dans le second degré, où encore une fois le ministre bricolera à coup de petites annonces et autres job dating, méritant pleinement son titre de plus grande enseigne de bricolage de ce pays ».
A la publication des résultats d’admissibilité, ce sont déjà 11 postes non pourvus dont 7 en lettres classiques avec 60 postes et 53 admissibles.

Attractivité du métier et budget 2026
La secrétaire nationale du SNES-FSU alerte sur les enjeux du calendrier politique et celui du budget 2026. Pour elle « la réforme engagée du recrutement ne permettra pas de surmonter cette crise d’attractivité. Il y a urgence à ce que la ministre ouvre vraiment le chantier des revalorisations salariales pour l’ensemble des personnels et sur toute la carrière et celui des conditions de travail. Si on suit le calendrier du premier ministre, c’est maintenant et d’ici le 14 juillet, que se jouent les arbitrages cruciaux pour le budget 2026. La ministre est bien silencieuse et n’a d’ailleurs pas répondu à la demande de toute l’intersyndicale d’une réunion sur le budget 2026. Révélateur. Elle s’était pourtant présentée à son arrivée comme non spécialiste mais avec le poids politique pour gagner des arbitrages… »
En 2001, 44 265 candidats se sont présentés aux CAPES contre trois fois moins en 2023 où ils étaient 11 269, ce qui représente une baisse de 75% en 20 ans. Cette crise du métier a de nombreux facteurs, dont la politique salariale, les réformes successives qui dégradent le métier et ses conditions d’exercice. Où est l’effet de la prétendue « revalorisation » du métier ? Et qui pour croire que la réforme de la formation inversera la tendance ?
Djéhanne Gani

