Ecart privé/public : si vous le saviez pas, la DEPP le confirme encore avec des données récentes. « Les lycées privés sous contrat sont plus favorisés en moyenne que les lycées publics, tandis que les lycées professionnels sont plus défavorisés que les lycées généraux et technologiques et les polyvalents ». Les écarts sont impressionnants et le manque de mixité interroge dans les établissements français.
Une enquête de la DEPP donne à voir le profil social des lycées. Publiée le 8 avril dernier, la note d’information met en parallèle l’indice de position sociale (IPS) et les disparités sociales entre les lycées à la rentrée 2024. Sans surprise : « les lycées privés sous contrat sont plus favorisés en moyenne que les lycées publics, tandis que les lycées professionnels sont plus défavorisés que les lycées généraux et technologiques et les polyvalent ».
La note indique aussi que « les départements dont les lycées sont les plus défavorisés socialement sont majoritairement situés en outre-mer, en Seine-Saint-Denis et dans le nord-est de l’Hexagone ». L’IPS oscille entre 93 à la Seine-Saint-Denis et 129 à Paris. En Guyane et La Réunion l’IPS moyen inférieur à 90 pour atteindre même 71 en Guyane.
Même les lycées pro du privé ont un IPS plus élevé
Le match public/privé est plié d’avance. « Si un peu plus de la moitié des lycées publics ont un IPS supérieur ou égal à 100, cela concerne plus de neuf lycées privés sous contrat sur dix ». La DEPP rappelle surtout que les lycées privés sous contrat recrutent les élèves qu’ils souhaitent. « Ils ne sont pas soumis à la sectorisation. De plus, ils sont en partie financés par les contributions des familles, ce qui renforce encore davantage la sélection à l’entrée ». Ceci est confirmé par l’écart au niveau des lycées professionnels. Là encore le privé a des IPS largement au-dessus que le public : 104 contre 87. On apprend aussi que « les lycées généraux et technologiques (LEGT) ont des élèves, en moyenne, nettement plus favorisés que les lycées professionnels (IPS moyen de 121, contre 92). Les lycées polyvalents ont une situation intermédiaire ».
Autre surprise qui n’en est pas une. « Les CPGE sont implantées dans des lycées qui sont par ailleurs plus favorisés que la moyenne, contribuant aux écarts entre lycées les plus favorisés et lycées les moins favorisés ». La note relève ainsi que les lycées avec uniquement des CPGE ont un IPS moyen de 134, les élèves en CPGE ont un IPS de 141.
Louise Piquemal, 2025, « Quel est le profil social des lycées ? », Note d’Information, n° 25-21, DEPP. https://doi.org/10.48464/ni-25-21
